Extraits du livre

Extrait du livre : Chapitre Je me présente, CHRISTIAN IACONO

« Je suis né le 7 Février 1935 à Constantine, Algérie.
J’ai grandi sur cette terre algérienne, chère à mon cœur. J’y ai connu, comme Camus l’a si bien décrit, ce soleil qui brûle la peau. J’ai nagé des journées entières dans cette eau bleue de la Méditerranée. Je me suis enivré des odeurs et des saveurs locales. J’ai couru à perdre haleine dans les ruelles de Skikda. J’ai joué jusqu’à la nuit avec des balles en chiffon, avec des sous percés. J’ai fait la course avec des voitures à roulements à bille. Ce furent des années de bonheur partagées avec mon frère, mes cousins et les petits Arabes du quartier.
Ma mère, Mattéra Anna était fille d’une famille d’origine italienne. Elle avait 9 frères et sœurs. Le père était gérant de ferme. C’était une famille très pauvre.
Mon père, Félicien IACONO, était également d’origine italienne, fils unique ; il fit toute sa carrière dans l’administration des Postes, débutant tout au bas de l’échelle pour terminer Directeur des Ambulants à Marseille.
J’ai donc fréquenté l’école primaire du Faubourg à Philippeville (maintenant Skikda). Puis, mon père devant travailler à l’Ecole Nationale d’Administration des Postes, à Paris, toute la famille se retrouva dans le 13e arrondissement, dans une petite chambre d’hôtel. Je découvris le métro et le lycée Buffon. Mais chaque été nous allions passer nos vacances à Philippeville : plage, campagne, football…
Mon père étant nommé à Alger en 1950, mon frère et moi furent inscrits au lycée Gauthier.
Après avoir passé mon bac philo, je commençais des études de médecine. Je passai le PCB. Puis en fin de deuxième année, je réussis à l’externat.
Absorbé par les études et de tempérament distrait, j’oubliai de faire ma demande de sursis à temps et fus appelé sous les drapeaux pour faire mon service, alors que je n’étais qu’en fin de deuxième année de médecine. Je le fis dans de bonnes conditions, à l’hôpital Maillot d’abord puis à l’hôpital d’El Biar. Je terminai le service qui se prolongea 28 mois avec le grade de brigadier-chef.
Libéré de mes obligations militaires en Octobre 1958, je repris mes études de médecine à la Faculté d’Alger. Je passai ma thèse et effectuai ma première année de spécialité en Radiologie.
Je fis alors connaissance de ma femme Jeanine Alesi, qui habitait Fort de l’Eau et nous nous sommes mariés en décembre 1960 à Alger.
Philippe, notre premier enfant, naît le 16 Mai 1962, à la Clinique Solal, à Alger, dans une ville à feu et à sang. Les attentats d’un bord ou de l’autre sont quotidiens. Le couvre-feu est établi. Pour nous pied-noirs, c’est « la valise ou le cercueil ».
Un mois plus tard, le cœur lourd, nous traversons la Grande Bleue, avec notre bébé d’un mois au bras.
Quelques mois plus tard, je suis nommé résident à l’Institut Gustave Roussy et je passe ma seconde année du Certificat de Radiologie à la Faculté de Paris. Cette première année parisienne est difficile. L’hiver est particulièrement rigoureux. Nous vivons à 4 dans un petit HLM de 2 pièces ; nous avons en effet recueilli ma belle mère précipitamment d’Algérie quelques mois auparavant.
L’été 1963, nous allons prendre des vacances à Nice dans une petite villa qui appartenait à mon père. Nous redécouvrons, émus, la Méditerranée et ses plages. Nous nous rendons compte combien nous sommes attachés à cette mer, combien elle nous est importante, combien il nous sera difficile de vivre à Paris. Justement un Cabinet de Radiologie secondaire est à vendre à Cagnes sur mer. Je décide d’en faire l’acquisition et de m’installer dans cette ville. C’est une décision un peu folle, car le matériel et le local étaient très vieux, et des investissements importants étaient nécessaires. Il me restait encore une année de spécialité à faire et le diplôme à passer.
Finalement les choses s’arrangèrent peu à peu, non sans mal et en 1967, je transférai mon cabinet dans un appartement neuf, boulevard Maréchal Juin. J’assurai en outre le fonctionnement du service de Radiologie de la Clinique St Jean à Cagnes et celui de la Clinique Djibouti à St Laurent du Var.
Mon activité ne cessa de s’accroître en raison du développement démographique du secteur et des innovations technologiques. Je pris des associés et nous créons plusieurs cabinets secondaires. J’entrainai une cinquantaine de radiologues du département pour implanter un scanner à l’Institut Tzanck. Ce sera le premier du département. Ensuite dans le même Institut nous mettrons en place une IRM.
En mars 1983, un ami médecin, le docteur Falcoz, Maire de Vence, m’entraine avec lui dans le Conseil Municipal. Il décède quelques mois plus tard. Je lui succède en Mars 1989. En 1995, je suis réélu et deviens président de la Communauté de Communes Provence d’Azur.
J’abandonne à regret ma profession de radiologue en Juillet 1998 pour me consacrer entièrement à mon mandat de maire. Malgré ces activités multiples et très prenantes, j’ai toujours réussi à mener une vie équilibrée par la pratique sportive. La voile, le ski, le tennis m’ont passionné.
Mon épouse, Jeanine Alési, est née le 7 Janvier 1939, près de Fort de l’Eau, au lieu-dit les Dunes. Nous nous sommes mariés en Décembre 1960 et avons eu 2 enfants. Le premier Philippe est né à Alger en mai 1962. La seconde, Cécile, est née à Nice en Janvier 1968. Jeanine a toujours été à mes côtés dans les moments heureux comme dans les moments difficiles. C’est une mère et une grand-mère exemplaire, particulièrement attentive aux enfants. »

« Le jour où le crime se pare des dépouilles de l’innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c’est l’innocence qui est sommée de fournir ses justifications » Albert Camus

Christian Iacono raconte dans son futur livre :

« Le 10 Juillet 2000 à 9H00 du matin, ma vie s’est arrêtée.

65 ans d’une vie largement remplie, depuis le gamin qui courait dans les ruelles de Skikda jusqu’au notable, maire de Vence.

65 ans de passion pour la vie

65 ans d’affection pour ma famille, mes proches, mes amis.

65 ans à essayer de montrer et de convaincre que l’humanisme est la valeur essentielle d’un monde moderne en pleine mutation et en plein doute.

65 ans de respect de l’autre dans sa différence, de respect des institutions de mon pays, de respect pour les valeurs démocratiques.

Toutes ces années d’action, d’épreuves, de succès et d’échecs à bâtir une vie d’homme, une vie exemplaire pour mes enfants et petits enfants, ont été rayées, niées, supprimées, anéanties par une accusation infâme, la plus infâme qui soit à mes yeux.

C’est une épreuve terrible qui m’attendait au soir de ma vie, au moment où tout s’apaise, au moment où l’on commence à recueillir les fruits d’une existence bien remplie, que je veux, que je dois raconter. Peut –être cette confidence m’aidera à mieux surmonter l’épreuve ? Peut-être aidera t-elle la Justice à prendre conscience des souffrances que ses dysfonctionnements entraînent ?

J’espère qu’un jour, la lumière sera faite sur cette triste affaire, et que je serai encore en vie.

J’espère qu’alors, tous ceux qui ont participé d’une façon ou d’une autre à rendre cette accusation « crédible » répondront devant la Justice des hommes et celle de Dieu de leur attitude et de leurs actes. »

One comment to Extraits du livre

  1. hoffelinck jackie dit :

    La justice des hommes, ceux qui vous ont déclaré coupable, se fiche de ce qu’elle vous a fait subir et sait très bien que vous êtes innocent! ne croyez-vous pas que derrière tout ça, le but était de vous détruire! personnellement concernant votre fils mais surtout POLITIQUEMENT pour certaines personnes! Vence est une ville qui suscite des convoitises et vous en avez surement dérangé plus d’un!

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