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Un juré ose défier l’omerta des verdicts d’assises !

Alors que, vendredi 31 mars 2011, le Conseil constitutionnel a tranché sur la non-motivation des verdicts en cours d’assises en considérant que celle-ci est bien conforme à la Constitution, un juré, Monsieur Thierry Allègre, a osé transgressé le serment que l’institution judiciaire lui avait imposé lorsqu’il a été tiré au sort. Courageusement, Thierry Allègre a raconté dans le Parisien le déroulement de la délibération lors du procès d’assises en appel pour lequel il était juré.

Si les Sages du Conseil constitutionnel estiment qu’il y a suffisamment de garanties pour considérer qu’une cour d’assises n’a pas de « « pouvoir arbitraire pour décider de la culpabilité d’un accusé », ces garanties s’appuyant « sur les seuls éléments de preuve et les arguments contradictoirement débattus » et, d’autre part, « sur la formulation des questions, les modalités de délibération de la cour d’assises et les majorités d’adoption des décisions », le témoignage de Monsieur Allègre, confié au Parisien, brise l’omerta sur les délibérations des cours d’assises sur plusieurs points.

- Les seuls éléments de preuves

L’affaire dans laquelle intervenait Monsieur Allègre comme juré concernait une accusation de viol sur mineur. Or, dans ce type de dossier, il arrive très souvent, et malheureusement pour les victimes, qu’il n’y a pas d’éléments matériels de preuves surtout s’il s’agit d’une accusation portant sur le passé. Bien souvent, il ne reste au jury que les paroles et les expertises pour se déterminer (A lire sur ce sujet, l’excellent blog de soutien à Jean Paul Degache). Il est alors compréhensible que certains jurés hésitent à condamner dans le doute. Et le doute ne doit-il pas profiter à l’accusé ? Apparemment non dans les affaires de mœurs puisqu’on a imposé depuis le milieu des années 90 la parole de l’enfant ou de la personne plaignante comme parole de vérité. Et ce que décrit Thierry Allègre semble le prouver.

- Les arguments contradictoirement débattus

Selon Thierry Allègre, les arguments qui vont à l’encontre des orientations des magistrats ne semblent pas attirer l’attention de ces derniers et il paraît difficile au juré qui les apporte de pouvoir les défendre sans se faire rabrouer.

- Le vote blanc

Si on en croit Thierry Allègre, un juré n’a pas le droit d’hésiter. Il est obligé de se prononcer pour la culpabilité ou pour l’innocence. Le vote blanc peut être interdit par la présidence du jury. Or, un juré n’a pas de dossier écrit sous les yeux. Il n’a pas de compétences particulières en matières criminelle et psychologique. Il n’a jamais entendu parler de l’affaire avant sa convocation. Il est donc soumis aux émotions qu’il ressent pendant la durée du procès selon le comportement des protagonistes : plaignants, accusés, avocat général, avocats des parties, experts judiciaires. Lorsqu’il n’existe pas d’éléments matériels concrets pour le convaincre, et c’est souvent le cas dans les affaires de mœurs, on peut comprendre qu’il soit dans le doute et ne se sente pas très compétent pour juger de la culpabilité ou de l’innocence en quelques heures.

- L’influence des magistrats

Le témoignage de Monsieur Allègre est isolé mais il est probable que si on pouvait faire une enquête auprès des jurés, on constaterait que l’impression d’influence exercée par les magistrats serait citée régulièrement. Les jurés qui se sentent incompétents ou qui ont des doutes sont naturellement amenés à poser des questions aux magistrats qui ont l’expérience professionnelle. Il est donc très facile à ces derniers de répondre en orientant la décision du juré. Existe-t-il un magistrat qui puisse dire le contraire ?

- Le double vote

Peut-on parler de décision démocratique lorsqu’un premier vote est tout simplement considéré comme un tour de chauffe avant de procéder au « vrai » vote ? Qui peut parler alors de liberté d’intime conviction accordée aux membres du jury alors que le vote se fait à main levée ?

Bien entendu, beaucoup de magistrats, Monsieur Bilger en tête, vont fondre sur Monsieur Allègre et le traiter de parjure. Ils ne manqueront pas de préciser qu’il aurait pu faire remonter ses remarques à l’intérieur de l’institution judiciaire et éviter ainsi les risques de poursuite et de sanction pénale pour ne pas avoir respecté un serment qu’on lui a imposé. Apparemment, Thierry Allègre ne semble pas avoir une grande confiance dans la prise en compte des critiques internes par l’institution judiciaire puisque sa conscience l’a poussé à prendre ce risque de sanction afin d’être sûr de se faire entendre. Il est triste de constater qu’un magistrat du talent de Monsieur Bilger puisse seulement considérer, malgré cette épée de Damoclès qui pèse sur la tête de Thierry Allègre, qu’ « il (Thierry Allègre) se répand sur une page entière, sa photographie à l’appui, se donnant évidemment le beau rôle, celui d’un justicier plus lucide que tous les autres, pourfendant les magistrats, incriminant notamment la présidente qui « essayait d’orienter notre vote » et donnant de ce délibéré une vision à l’évidence tronquée et partisane. »

Souhaitons que Thierry Allègre ne soit que le premier des jurés à rompre l’omerta et le serment qui emprisonnent les jurés afin d’apporter aux justiciables l’information qu’ils sont en droit d’attendre d’un jury d’assises puisque les institutions (Cour de cassation et Conseil constitutionnel) confirment la non motivation des verdicts. (source Agoravox)

Il y a 12 ans …. “Libération” avait vu juste !

Le maire de Vence accusé de viol et écroué
Ses proches dénoncent une véritable machination orchestrée par son fils.

Christian Iacono, 65 ans, Maire (DVD, ex UDF) de Vence (Alpes-Maritimes), dort depuis deux jours à la maison d’arrêt de Grasse. Mardi soir, à l’issue d’une garde à vue de 48 heures dans les locaux de la PJ de Nice, il a été mis en examen pour “agression sexuelle” et “viol aggravé sur mineur de 15 ans” par le Juge Jean Coutton, magistrat instructeur à Grasse. Cette incarcération fait suite à une plainte déposée par le propre fils de Christian Iacono, Philippe, et son ex-épouse. Tous deux affirment que leur enfant, un garçon aujourd’hui âgé de 9 ans, aurait été violé par son grand-père courant 1997. Un examen médical, pratiqué sur l’enfant au mois de Juin dernier, aurait mis en évidence des traces de sévices sexuels, mais l’avocate du maire de Vence a mis en cause la fiabilité de cet examen. Elle a réclamé une contre-expertise, doutant que de tels stigmates puissent être visibles sur un enfant, trois ans après un viol. Selon Cécile Iacono, la fille de Christian Iacono – et sœur de Philippe-, il s’agit d’une véritable machination” destinée à détruire la carrière de son père. Interrogé par le juge, l’enfant aurait toutefois accusé son grand-père de façon très précise. “En utilisant des mots qui semblent lui avoir été inspirés par un adulte” protestent ceux de la famille qui sont restés fidèles au maire.

Au cours de son interrogatoire, Christian Iacono a nié vigoureusement les faits dont on l’accuse. Selon ses proches, cette affaire s’inscrit dans un contexte familial particulièrement pénible, les rapports entre le père, son fils et sa belle-fille s’étant considérablement dégradés au fil des ans, Christian Iacono leur reprochant l’extrême sévérité dont ils faisaient preuve dans l’éducation de leur enfant. De même source, on indique que le petit garçon était fréquemment puni pour des fautes mineures : “Il était tyrannisé, humilié par ses parents dès qu’il faisait la moindre bêtise“. A plusieurs reprises, Christian Iacono aurait cherché à raisonner son fils, allant jusqu’à le menacer d’une dénonciation pour maltraitance s’il n’adoucissait pas ses méthodes d’éducation. Le fils ne supportait pas que son père conteste la façon dont il élevait son enfant, confirme un proche collaborateur du maire de Vence. il avait alors coupé les ponts et ses parents s’étaient retournés vers la justice pour avoir un droit de visite de leur petit-fils“. Il y a deux ans, Christian Iacono et son épouse avaient obtenu gain de cause. “Depuis, le fils et ses parents ne se sont plus parlé, ajouté -t-on de même source, c’était très tendu entre eux.”

A Vence, l’incarcération du maire a fait l’effet d’une bombe. “Depuis hier, affirme sa plus proche collaboratrice, nous recevons  des dizaines de lettres et de coups de fil de sympathie. Personne ne peut imaginer que Christian Iacono puisse être l’auteur d’un viol sur un enfant“. Hier, l’assistante du maire avait l’intention d’organiser, lundi soir à Vence, une réunion “d’information et de soutien“.

HERVE VAUDOIT (Libération) 14 Juillet 2000

Pour Christian et Gabriel

En France, la justice se rend encore, à ce qu’il paraît, au nom du peuple français, il faut donc savoir ce qui se commet en notre nom.

Le 28 décembre 2011, j’avais déjà publié un article pour le CEDIF sur la terrible affaire Iacono. Je n’étais pas optimiste quant à la situation de Christian Iacono, ancien maire de Vence, pourtant lavé de toutes accusations de viol sur la personne de son petit-fils, par son petit-fils lui-même !

Les manipulations dans cette affaire auraient dû inciter la justice à participer à l’élucidation de l’affaire dans l’affaire : qui a bien pu essayer d’abattre le maire de Vence en utilisant ce qui semble bien être un travail sur la mémoire par des techniques psycho-thérapeutiques ? En effet Gabriel Iacono n’a pas été violé par son grand-père, mais c’était bien ce qu’on a voulu lui faire croire, pourquoi ???

La réponse reste en suspens et les arcanes de la justice semblent bien impénétrables aux profanes.

Alors que la vérité est enfin portée sur la place publique, la Cour de cassation confirme l’arrêt de Cour d’appel condamnant Christian Iacono. Sur ce point on peut ne pas s’étonner Outreau mesure puisque la Haute Juridiction n’est pas censée se prononcer sur le fond de l’affaire, mais seulement sur l’application du droit.

Il n’en reste pas moins scandaleux qu’un homme lavé de la suspicion de crime puisse être appelé à se constituer prisonnier pour retourner en prison.

Humainement comment peut-on supporter une telle situation ? Je me suis permis d’appeler Christian Iacono sans pour autant le connaître, mais pour lui faire part de mon soutien aussi dérisoire soit ce soutien. J’ai entendu un homme digne, faisant preuve d’un grand sang-froid, capable de bien analyser sa situation et disposé à répondre à la demande de la justice fondant ses espoirs dans la décision à venir de la commission de révision des condamnations pénales.

Aussi courte soit la durée anticipée du retour à la case prison, l’exécution de la décision de justice revenait à enfermer un innocent avant de reconnaître éventuellement son innocence. Mais nous savons dans ce pays que les révisions sont rarissimes.

Peut-on encore avoir confiance en nos institutions ? L’affaire Iacono devait servir de test. Mes convictions me portaient au doute surtout pour ce que je connais d’autres affaires particulièrement en justice familiale.

Mais on ne peut priver un homme d’espoir, surtout quand cet homme a servi ses concitoyens si longtemps en tant que premier magistrat de Vence donc représentant de nos institutions.

Y croire encore c’était bien le moins pour un homme dont certains ont voulu piétiner l’honneur. Ou la jeter aux chiens comme disait un certain Mitterrand, il se trouve toujours en effet des gens pour accabler l’innocence.

La trahison de trop, c’est celle de l’espoir.

Au nom du peuple français, dont je ne dois donc pas être partie prenante, Christian Iacono ne quittera pas encore la prison de Grasse. Mais c’est dans un tel contexte dramatique que des gestes de reconstruction s’accomplissent. Je veux parler de celui du petit-fils dont les paroles de vérité sont aussi et avant tout une réhabilitation, une rédemption même qui se poursuit par une grève de la faim en soutien à son grand-père.

Gabriel a dû se résoudre à une telle extrémité pour être entendu, ce qu’il a obtenu dans l’espoir de plaider en faveur d’une libération conditionnelle contre laquelle s’est prononcé le parquet de Grasse.

Il ne reste donc qu’à attendre le 13 mars 2012, pour que la porte de la prison s’ouvre peut-être, sachant que dans le terme «libération conditionnelle » un des mots est de trop.

Xavier Collet

Comitecedif

Top 10 des plus grosses erreurs judiciaires françaises, enfin les plus connues ou presque

Imaginez. C’est l’été, il fait beau, vous déjeunez sur la terrasse de votre petit pavillon. Vous attaquez le pâté et soudainement on vous embarque dans un panier à salade en vous collant sur le dos la responsabilité de je ne sais quel meurtre. Dans le meilleur des cas, vous finissez au niouf, sinon c’est sur l’échafaud. Et un bourreau, c’est loin d’être sympa. Bref, on ne souhaite ça à personne. Certains n’ont, hélas, pas eu cette chance. La justice reconnait parfois ses erreurs, mais ce n’est pas toujours le cas. Depuis 1945, « seulement » 7 erreurs judiciaires ont été reconnues. « Seulement », oui, car il y en a eu d’autres et ça, ça a tendance à faire peur. Voici les ratés les plus célèbres de la justice française.

Affaire Jean Rayne : En 1364 (un bout de temps donc), des saloupiots jaloux de son parcours professionnel ont eu la bonne idée de balancer une rumeur l’accusant de filouter la vente de son grain. La sentence : être pendu sur le champs. Le corps devait même rester suspendu jusqu’à ce qu’il se détache par pourriture ou qu’il soit gloutonné par des charognes. Par la suite, son fils Lambert décide de porter l’affaire devant le conseil du roi. Charles V reconnait l’erreur judiciaire. Ca lui fait une belle jambe, à Jean.
Affaire Calas : Une joyeuse histoire de meurtre en famille, agrémentée d’un soupçon de torture et de religion. Le fils ainé des Calas est retrouvé pendu et donc (déduction logique) la famille est accusée de meurtre. Encore plus quand le conseil municipal se laisse convaincre par des voisins un tantinet commères, que le défunt voulait se convertir au catholicisme (la famille était majoritairement protestante). En 1762, le père, Jean Calas, est déclaré coupable sans aucune preuve valable et est soumis au supplice de la roue, une joyeuseté qui consiste à être ficelé sur une roue et à se faire exploser les membres par un bourreau. Histoire d’être glauque jusqu’au bout , on l’achève en l’étranglant. Pour s’assurer qu’il est bien mort, on le brûle aussi. Il n’en fallait pas moins. En 1765, Jean Calas et sa famille sont réhabilités grâce à l’acharnement de leur fils Pierre. Voltaire aussi y est un peu pour quelque chose.
Affaire du Courrier de Lyon/Joseph Lesurques : Un fait divers criminel pas tout jeune non plus puisqu’il s’est déroulé en 1796. Une diligence postale contenant pas mal de pognon est attaquée par une bande de malfrats. Les deux responsables de la poste sont tués à coups de poignard. Victime de sa ressemblance malheureuse avec un des malfaiteurs, Joseph Lesurques est déclaré coupable et condamné à être guillotiné. Son innocence a été reconnue en 1800, une fois les véritables coupables arrêtés. Depuis 1867, une loi porte son nom. Elle permet de réhabiliter les condamnés innocents.
Affaire de La Roncière : Lieutenant de cavalerie dans l’armée, Emile de La Roncière a été accusé de viol par la fille du Général de Morell. Cette saligote était en réalité amoureuse de lui et n’a pas digéré qu’il refuse ses avances. Elle aurait pu se contenter du traditionnel « les mecs, tous des connards ! », mais non. Un petit scandale c’est tellement plus simple. Emile de la Roncière a été condamné à 10 ans de prison en 1835. Sa famille l’a fait libérer en 1843 et 4 ans plus tard, il était réhabilité. Tout portait à croire que sa carrière militaire serait foutue. Que dalle, il devient par la suite administrateur colonial. Dans l’os la p’tite Morell.
Affaire Dreyfus : Une des affaires les plus célèbres et qui a divisé l’opinion publique pendant une dizaine d’années. Français de confession juive, le Capitaine Dreyfus a été accusé en 1895 d’avoir refilé en douce des documents secrets à l’Empire Allemand. Même un an plus tard, lorsque le coupable est démasqué, Dreyfus est toujours considéré comme le vilain gros traitre. Il ne sera réhabilité qu’en 1906. Une histoire qui transpire l’antisémitisme.
Affaire Roland Agret : Accusé à tort d’avoir commis un meurtre en 1970, Roland Agret a passé 7 ans en prison. Pour obtenir ce qu’il veut (sa liberté entre autres), il entame une grêve de la faim, se coupe deux phalanges, avale des manches de fourchettes et se tire une balle dans le pied. Aaaah ça, il fait pas dans le léger le Roland. Et il a raison. Il est libéré par grâce présidentielle en 1977 pour raisons de santé et acquitté en 1985 après la révision de son procès.
Affaire Patrick Dils : En 1989, Patrick Dils est soupçonné du meurtre de deux jeunes enfants et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Les responsables de l’enquête sont convaincus de sa culpabilité et ne prêtent pas attention à certains détails. C’est vrai que la présence de Francis Heaulme sur les lieux du crime le soir du meurtre n’avait pas de quoi inquiéter les enquêteurs…même pas un petit peu. Patrick Dils aura donc poireauté en prison pendant 17 ans avant d’être acquitté en 2002.
Affaire Rida Daalouche : En 1991, un dealer est assassiné dans un bar marseillais. Rida Daalouche est rapidement suspecté. Il s’emmêle dans ses explications, notamment à cause de son état de santé (toxicomane). Il est condamné à 14 années de prison en 1994. Sa famille retrouve un certificat médical prouvant qu’il était en cure de désintox le jour du crime. Daalouche est libéré en février 1997
Affaire d’Outreau : En 2001, 18 personnes sont impliquées dans une sombre histoire d’abus sexuels sur mineurs. Elles sont placées en détention provisoire en attendant d’être jugées et y restent entre 1 et 3 ans. Après de multiples rebondissements et deux procès, 13 personnes sont finalement déclarées innocentes en 2005. 4 d’entres elles ont cependant reconnu les faits. Cette affaire a été qualifiée de « naufrage judiciaire ».
Affaire Christian Ranucci : En 1974, le jeune homme d’une vingtaine d’années avait été accusé de l’enlèvement et du meurtre d’une fillette dans la région de Marseille. Jugé coupable, il a été condamné à mort. Valéry Giscard d’Estaing, alors président, refuse de lui accorder sa grâce. Christian Ranucci est guillotiné le 28 juillet 1976. Plus de trente ans après son exécution sa culpabilité fait encore polémique. Des incohérences au niveau des preuves demeurent, et accessoirement, un prédateur d’enfant du nom de Michel Fourniret de passage dans la région au moment des faits attise la curiosité.

Et aussi, Omar raddadVous en connaissez d’autres ?

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TÉMOIGNAGE SUR LES FAUX SOUVENIRS INDUITS

UNE FAMILLE HEUREUSE.

J’ai toujours pensé que nous étions une famille heureuse. Quatre enfants, la porte toujours ouverte aux amis, du bruit, de la musique, des rires mais aussi des soirées uniques, où nous étions heureux de nous retrouver pour nous raconter, philosopher, écouter ou chanter au son des guitares, où nous inventions des jeux, où la nuit arrivait à une vitesse folle. Les enfants nous amenaient souvent des amis qui parfois restaient couché le soir. On sortait alors les “matelas d’urgence” et le tapis du salon, bien moelleux faisait un bon sommier. Les années ont passé, les enfants nous amenaient leurs amies, on avait quelquefois un coeur brisé à consoler, puis la vie reprenait, les études, les ballades, les vacances, les amis, la joie d’être ensemble. Nos trois garçons sont mariés depuis plusieurs années, ils n’habitent plus notre région mais nous nous rencontrions souvent et c’était la fête de se retrouver, de voir grandir leurs enfants. Nous ne nous sommes pas aperçus des gros nuages noirs venus nous enlever nos soleils.

LE CHOC.

Un jour, on a sonné à la porte et brusquement, ils étaient là, nos trois garçons, dans un état de rage, de haine, de violence indescriptible et nous avons eu peur. Méconnaissables, nos enfants, envolées leur douceur, leur gentillesse, leur sensibilité. Leur regard, habituellement clair et rieur nous a impressionné : c’était un regard cynique et déterminé, un regard qui ne respectait aucune barrière. J’ai pensé qu’ils avaient envie de nous tuer et très angoissée je me demandais lequel passerait à l’acte le premier. Qui étaient ces énergumènes qui nous regardaient froidement en nous accusant de choses horribles ? Je les fixais, terrifiée, je pensais à ces procès politiques où des personnes innocentes sont interrogées pendant des heures. On ne les écoute même pas : elles sont coupables et doivent le reconnaître. J’en avais froid dans le dos. Incapable de prononcer un mot, perdue, je me répétais :”c’est un cauchemar, tu vas te réveiller.”

LA FUREUR.

“Il faut qu’on parle !” criaient ces personnages, mais avant que nous puissions dire le moindre mot, des hurlements : “Taisez vous, c’est nous qui parlons!” Alors on écoutait, avec l’espoir de comprendre ce qui nous arrivait, mais ils étaient terriblement embrouillés dans leurs discours, nous n’arrivions pas à suivre. Ils sont sortis sur la terrasse, en renversant table et chaises, pendant que l’un d’entre eux hurlait : ” Mon père est pédophile et ma mère complice, qu’on se le dise !” Il a fallu protéger Stéphanie, notre fille, de leurs coups, quand elle s’est mise à crier :” Mais vous êtes fous, qu’est-ce que vous inventez encore ? Papa n’est jamais venu dans mon lit!” Par moments, l’un après l’autre étaient pris de tremblements, puis d’une forte crise de larmes. Ensuite venaient de nouveau les cris et les accusations.

Puis, ils sont partis définitivement. J’étais sous choc et je ne comprenais rien. Bernard, mon mari, me communiquait sa surprise et son désarroi par son regard interrogatif et désespéré. La scène a duré deux heures, puis, brusquement, ils sont partis nous laissant sans forces, complètement détruits. Envahis par une douleur folle nous n’arrivions plus à vivre, à raisonner, à nous organiser.

Prisonniers de notre malheur, il nous fut difficile de parler autour de nous de cette accusation de pédophilie. Notre tête était remplie par les hurlements des garçons et surtout par leurs terribles accusations. Nous avons survécu ainsi pendant une année : enfermés tous les deux, avec Stéphanie dans notre “tanière”, nous avons coupé le contact avec l’extérieur, car comment expliquer ce qui nous était arrivé ? Notre amour nous soutenait et l’effort que nous faisions pour empêcher l’autre de sombrer complètement nous aidait, par moment, à dépasser notre douleur. Surtout, oui surtout il y avait Stéphanie si présente, si proche, si disponible. Témoin de notre vie d’avant, elle nous empêchait de sombrer dans la folie. Avec elle nous pouvions nous souvenir “d’avant” et cela était important qu’elle participe au récit de notre vie familiale, avec un détail oublié, un souvenir. Elle était un témoin pour nous, aveuglés par la douleur, que notre vie d’avant avait bien été celle dont nous nous souvenions. Ensemble nous faisions aussi des projets pour essayer de sortir nos fils, ses frères, de cette manipulation infernale, car plus le temps passait plus il devenait évident pour nous qu’ils avaient été manipulés : mais comment et par QUI ?

LES VOISINS, FAMILLE, AMIS SUSPICIEUX.

Une autre triste épreuve nous attendait. Nos enfants ont pris contact avec nos frères et soeurs, leurs oncles et tantes pour leur expliquer quels horribles parents nous étions et combien ils avaient souffert dans leur enfance. Nous avons toujours eu d’excellents rapport avec nos familles. On nous a dit : “il n’y a pas de fumée sans feu. Êtes vous sûr de ne pas être un peu coupables, essayez de vous souvenir de vos actes, de vos paroles…” Je ne savais pas que de simples mots pouvaient faire autant mal. Comment quelques une de ces personnes ont pu croire à des histoires pareilles ? Nous habitons loin les uns des autres mais les vacances nous ont très souvent réunis et j’avais l’impression que nous nous entendions bien. A l’heure actuelle cela s’est arrangé avec la famille, il n’en reste pas moins une petite pointe douloureuse : ont ils (ou elles) vraiment cru que nous étions de tels monstres ?

Deux années sont passées. Les très rares contacts que nous avons eus avec nos fils, par lettre ou téléphone répètent toujours la même requête : nous devons leur demander pardon pour tout le mal que nous leur avons fait, de toutes façons il faut que nous payons, (mais comment ? impossible d’avoir des explications). Pendant les premiers mois nous avons essayé de garder un tout petit contact avec les petits enfants, ne serait-ce qu’une carte pour leur anniversaire. La réponse des trois pères a été la même : ils ont mis au courant leurs enfants de la pédophilie de papy et de la méchanceté de mamie, gare à nous, si nous essayons de prendre contact avec l’un d’eux et puis défense d’envoyer la moindre carte, lettre ou cadeau car tout est mis immédiatement à la poubelle.

DESTABILISATION MENTALE.

Nous devenons fous en cherchant le moyen de “réveiller” nos fils. C’est incroyable et horrible de ne pas pouvoir les aider. Attendre, être là, les aimer en se taisant, car le moindre signe de notre part sera tout de suite interprété de manière négative. Comment des enfants ouverts, sympas, sensibles, que je croyais intelligents ont pu se transformer en êtres de haine et de violence? Il y a quelques mois, nous avons essayé de rencontrer un de nos fils. Il était assez embrouillé dans ses explications. Non, maintenant il n’était plus certain qu’il y avait eu un problème de pédophilie (nous lui avons fait remarquer que, à son niveau il faudrait plutôt dire inceste), par contre il se souvenait de “maltraitances graves”. Lorsque nous lui avons demandé de nous donner un exemple de maltraitance, il nous a longuement regardés avant de nous dire : “vous n’êtes pas en état de me comprendre”. Il nous a aussi affirmé qu’il n’avait plus aucun souvenir de son enfance, c’était une période trop douloureuse. Je suis sûre qu’à ce moment là il était sincère, on lui a “pris” tous ses souvenirs !

Comment s’expliquer, dans ces cas-là ? Nous sommes dans une horrible impasse. Nos enfants ne vivent pas dans notre ville. Nous n’avons plus aucune nouvelle, car ils ont aussi coupé tout lien avec nos amis communs, nos connaissances.

NOTRE FAMILLE EST MORTE.

Notre famille est disloquée, pulvérisée, anéantie, salie, emportée par une avalanche de boue noire dont les traces ne s’effaceront qu’au moment de notre disparition. Il y a eu un avant et un après. Maintenant, lorsque je me retourne je vois un champ de ruines : tout est démoli et rien ne repousse, 43 années de bonheur, d’amour partagé, de complicité… est-ce que cela a vraiment existé ?

REAGIR.

Pendant ces deux années de silence, j’ai essayé de me renseigner sur les sectes et les déviances sectaires. J’ai beaucoup lu, rencontré des personnes : je faisais du “sur place” jusqu’au jour où j’ai rencontré le président du GEMPPI, enfin une personne compétente. En écoutant le récit de mes fils il a pensé au Syndrome de la Fausse Mémoire (FMS) : on demande au patient de rechercher des souvenirs refoulés de prétendus abus sexuels qui auraient eu lieu pendant la petite enfance. Ayant découvert sur le site de France-FMS que nous n’étions pas seuls à être victimes de ce phénomène qui arrive d’Amérique comme une vague déferlante sur l’Europe, nous comprîmes qu’il s’agissait là de manipulations mentales et non d’une erreur d’éducation. Ces pratiques entraînent :

1) La déstabilisation des parents, frères et sœurs ;

2) La destruction des familles ;

3) La dépendance destructrice et aliénante des patients à l’égard de cette thérapie abusive qui a implanté ces faux souvenirs.

Nous avons rencontré deux autres familles dont les enfants présentent ce Syndrome de la Fausse Mémoire et nous avons donc décidé de créer l’AEFCAS, une association d’entraide aux familles confrontées à ce phénomène.Nous espérons pouvoir venir ainsi en aide et donner un peu d’espoir aux familles touchées par ce fléau. Mon mari et moi, nous nous sommes cachés pendant longtemps, trop effrayés par l’accusation de pédophilie. Parents, si vous êtes dans notre cas, n’hésitez pas à nous contacter. Cela fait du bien de pouvoir partager sa souffrance avec des personnes qui vivent le même drame !

Les buts de l’AEFCAS, Association d’entraide aux familles confrontées à des accusations soudaines induites par des croyances psycho-philosophiques ayant pour conséquence la destruction de la famille, sont :

- venir en aide aux familles confrontées à ce type de problèmes ;
- analyser le phénomène ;
- informer et communiquer les résultats de cette analyse ;
- éventuellement mener des actions en justice.

UN “PSY” EXPERT DEVANT LES TRIBUNAUX PEUT-IL SE TROMPER ?

«L’affaire d’Outreau a démontré quedes convictions d’«experts» ont conduit
douze enfants à la «reviviscence visuelle, kinesthésique, auditive (…)»
de traumatismes sexuels qu’ils n’avaient pas vécus et que des théories
psychanalytiques sexualisant tout à outrance ont servi à accréditer
ou cautionner aveuglément des accusations mensongères scandaleuses
qui ont détruit des vies et des familles.»

Certains «psys» considèrent que nombre de jeunes femmes qui viennent les consulter ont été victimes de traumatismes dans leur enfance, mais qu’elles ne le savent pas, et que cette ignorance fonde leur mal-être. Aussi se fixent-ils pour objectif prioritaire, pour ne pas dire exclusif, de retrouver les souvenirs refoulés de leurs clientes aux seules fins de leur en faire découvrir la cause et l’accepter.

La patiente qui commence sa thérapie en ignorant l’origine de son mal-être est invitée à «ouvrir les portes de son inconscient». Le psychanalyste écoute, guide, note et approuve ce qui peut aller dans le sens de ses convictions. C’est ainsi qu’il arrive que l’interprétation d’un rêve résulte de ce qu’il a transféré à sa patiente, la conduisant à s’apercevoir qu’elle a été victime de situations incestuelles ou incestueuses.

Ces «psys», dogmatiques et souvent imbus d’eux-mêmes, sont convaincus que ces souvenirs refoulés, jusque-là ignorés mais soudainement retrouvés, forment les racines inconscientes mais effectives du mal-être de leurs clients, dans une très large majorité des patientes d’ailleurs. Et ces dernières, désormais persuadées de connaître la cause de leur problème, refusent tout dialogue avec qui doute de cette révélation. Révélation en principe libératrice mais de fait aliénante et pernicieuse puisqu’elle conduit la patiente à s’abîmer de dérive en dérive (psychologique, familiale, sociale, professionnelle…).

* * *

Les préjudices causés par de pareils professionnels, en principe avertis et parfois investis d’importantes responsabilités, ont été bien mis en relief dans l’affaire d’Outreau. Les comptes rendus et le rapport de la Commission Parlementaire de l’affaire Judiciaire d’Outreausont éloquents:
-Mme Marie-Christine Gryson- Dejehansart, psychologue, chargée de l’expertise des seize mineurs présumés victimes a déclaré:«il y avait reviviscence visuelle, kinesthésique, auditive, avec cohérence, enchâssement contextuel, évocation des états psychologiques, évocation des spécificités des actes sans comprendre la finalité, interaction sexuelles, détails périphériques» lors de leur récit de scène traumatique, et ajouté ceci: «Un enfant qui revit une scène traumatique ne peut pas fabuler ,…..S’il y a reviviscence d’une scène traumatique, c’est un indice de validité extraordinaire». Or il sera ultérieurement établi que douze mineurs avaient été conduits à revivre des traumatismes ……….qu’ils n’avaient pas vécus.
-Mme Christine Condamin-Pouvelle, psychanalyste, Maître de conférences à l’Université d’Amiens, experte près la Cour d’appel de Douai, chargée de «déterminer» si les enfants d’Outreau «présentaient un traumatisme psychique en lien avec une agression de nature sexuelle», a confirmé l’existence de traumatismes sexuels. Cependant, lors du procès en appel, à l’occasion de la remise de ses conclusions concernant l’un des garçons accusateurs, cette supposée experte en détection d’abus sexuels à enfants a été contestée par l’Avocat Général. Ce qui ne l’a pas démontée pour autant. Elle a réagi de manière très vive en déclarant : «l’enfant projette son vécu intrapsychique dans ses textes (…..) J’ai une expérience de plus de 25 ans. Je pense que tout cela est très sérieux» Or le mineur accusateur reconnaîtra plus tard……. avoir menti, ruinant du même coup les affirmations catégoriques de ladite experte, pourtant connue pour certaines de ses publications.

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L’affaire d’Outreau a démontré que des convictions d’«experts» ont conduit douze enfants à la «reviviscence visuelle, kinesthésique, auditive (…)» de traumatismes sexuels qu’ils n’avaient pas vécus et que des théories psychanalytiques sexualisant tout à outrance ont servi à garantir ou cautionner aveuglément des accusations mensongères scandaleuses qui ont détruit des vies et des familles.

Lors du procès en appel, l’Avocat Général a mis sur la sellette les théories sexualisant tout à outrance et posera cette question: «lorsqu’on prend un enfant de la main par le coude, est ce que c’est un geste sexuel?»

En épilogue de la tragédie d’Outreau, le médecin-psychiatre Paul Bensoussan a prononcé devant la Courdes paroles pertinentes et responsables, empreintes d’une grande humanité: «Un procès d’assises, c’est perturbant. Mais ce qui est encore plus perturbant c’est defaire grandir un enfant dans le statut de victime qu’il n’a pas été. Pour les accusés cela peut se compter en années de prison. L’enfant lui prend perpétuité», «dans ce domaine, le doute est une qualité professionnelle». (1)

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Les dérives démontrées par l’affaire d’Outreau permettent de saisir les dérives compassionnelles, voire idéologiquement militantes se jouant dans l’intimité des cabinets de consultations de professionnels convaincus de postulats psychanalytiques présentant tout être humain en victime de ses parents et de sa famille. Les dégâts sont toujours considérables, en particulier pour les patientes les plus jeunes.

Persuadée de détenir la vérité, le ou la «psy» met en cause la famille, et l’origine de son mal-être lui ayant été révélé, la jeune femme part à la dérive sur tous les plans… Elle s’éloigne des siens, abandonne ses études, son activité professionnelle, se marginalise, accumulant les avatars qu’elle est tenue de dissimuler. Seule son« psy», à l’origine de son errance, est habilité à intervenir dans la réalité pour la secourir et la consoler.

Le «psy» tente par toutes sortes de moyens d’obtenir confirmation de ses hypothèses. La jeune femme est conduite à exiger que sa mère quitte son père si ses parents restent unis elle demande une lettre d’excuses valant reconnaissance, qui est destinée à couvrir ou dédouaner sa psychanalyste en cas de retournement de situation.

Quand les parents tentent d’ouvrir les yeux de leur enfant, le «psy» intervient aussitôt auprès d’elle en l’enjoignant, pour son intérêt supposé, pour «se préserver», de s’éloigner sans plus tarder de sa «famille trangénérationnellement malade» (sic) et, pour faire bonne mesure, pour ne pas courir le risque de renouer des liens familiaux, de rétablir un dialogue avec les siens qui pourrait conduire à démasquer le «psy» pervers, de ne solliciter ni d’accepter la moindre aide matérielle en provenance de ses parents ou de sa famille. Et c’est ainsi que pour soi-disant «préserver leur amour propre » (sic), certaines jeunes femmes sont conduites à frauder…

Pour que ce triste tableau soit complet, le médecin de famille ou ceux la connaissant pour l’avoir eu en consultation avant sa thérapie, et qui donc pourraient la sortir de l’état de torpeur dans lequel elle se trouve maintenu, sont eux aussi discrédités. Tout dialogue avec les praticiens est rendu impossible.

De même, quand le «psy» apprend que des éléments pouvant montrer ses agissements sont découverts par un tiers, la jeune femme est enjointe à rompre sans délai avec lui.

Les «psys» se livrant à de pareils agissements les nient toujours lorsqu’ils sont percés à jour. Pour autant seraient-ils disposés à se soumettre librement à la «détection de l’activité mentale de mentir» (2) auprès de neuroscientifiques ayant constaté que cette activité est objectivable en IRM (Imagerie par résonance magnétique)?

Tout patient ou demandeur de soins se doit d’être extrêmement prudent quand le «thérapeute» l’incite à rompre avec sa famille. Malheureusement la jeune patiente sous influence et sous emprise, littéralement subjuguée et endoctrinée, se trouve dans l’incapacité de s’interroger sur son «psy» auquel elle voue une confiance aveugle, à l’instar de l’adepte du gourou d’une secte.

Aussi toute famille qui s’interroge sur personnalité du «psy» qui cherche à s’immiscer dans son mode de vie, et dont la psychothérapie de l’un de ses membres se traduit par une rupture brutale avec le milieu d’origine (parents, amis, médecins…), avec impossibilité pour elle d’obtenir des explications pertinentes, doit demander conseil à une association en mesure de l’aider à en discerner les causes, les raisons et les éventuelles connotations sectaires (CCMM, UNADFI, GEMPPI, AFSI…PYCHOTHERAPIE VIGILANCE).

(1) cf. notamment le rapport de la Commission Parlementaire relatif à l’affaire d’Outreau (site de l’Assemblée Nationale) et les articles du Monde du 18 novembre 2005.
(2) «L’activité mentale de mentir» est une expression du Docteur Angela Sirigu, Directeur de recherche au CNRS, responsable de l’équipe Neuropsychologie de l’action à l’Institut des sciences cognitives de Lyon. Avec son équipe de Neuropsychologie, elle a mis en évidence que «l’activité mentale de mentirinduit des modifications de l’activité du cerveau observables par IRM».

* Texte inédit de Psychothérapie Vigilance, mis en ligne par Psychothérapie Vigilance le 30 juillet 2008.

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Le combat «jusqu’à la mort» de Gabriel Iacono

Le petit-fils de Christian Iacono a annoncé qu’il entamait une grève de la faim pour obtenir la libération de son grand-père.

Il arrive en avance, sous un soleil radieux, au rendez-vous fixé à la presse devant le palais de justice de Grasse, dans les Alpes-Maritimes. Tenue décontractée, jeans, baskets et lunettes de soleil sur la tête, mais nerveux et le visage fermé. D’emblée, Gabriel Iacono, 21 ans, donne le ton. «Je viens crier la culpabilité du parquet qui condamne injustement mon grand-père. J’ai tout fait pour lui rendre la liberté, mais le procureur s’acharne. Ce que je veux, c’est qu’on m’entende. À partir de jeudi, j’entame devant le palais de justice une grève de la faim et si on ne m’écoute toujours pas, on me retrouvera à l’hôpital… Je vais me battre jusqu’à la mort.»

Jeudi, Jean-Michel Cailliau, procureur de Grasse, a fait appel de la décision du juge d’application des peines de remettre en liberté Christian Iacono. À 76 ans, l’ancien maire de Vence, condamné à deux reprises, purge une peine de neuf ans de prison pour le viol de son petit-fils, Gabriel. Ce que celui-ci nie aujourd’hui avec le dernier désespoir, après l’avoir longtemps accusé. Il réfute une à une toutes les théories sur sa volte-face.
«Mensonge de gosse»

«On dit que ma famille me manipule, mais c’est moi qui suis allé les voir pour leur dire que j’avais menti, martèle-t-il. Et pourquoi mentirais-je aujourd’hui? Il y a un an, mon statut de victime était bien plus favorable, je devais toucher 60.000€ d’indemnités et les gens portaient sur moi un regard compréhensif. Aujourd’hui, ce ne sont qu’insultes et saloperies! J’ai menti quand j’étais gosse, voilà la vérité. Mais la justice n’accepte pas le mot de mensonge, elle n’accorde sa confiance qu’à la parole de l’enfant, sacralisée.»

Les examens médicaux qui ont établi qu’il pouvait y avoir eu sodomie? «Les seuls experts crédibles n’ont, effectivement, pas exclu cette hypothèse, mais ils ont expliqué aussi que les cicatrices que j’avais pouvaient provenir d’une tout autre origine», rétorque Gabriel. Ses rapports avec son père, susceptible d’avoir instrumentalisé son fils pour régler ses propres comptes avec son père à lui? «Aujourd’hui, je n’ai plus aucun rapport avec lui, il passe son temps à m’insulter sur les blogs.»

L’avocat (déjà le quatrième) du jeune homme, Luc Febbraro, l’a mis en garde contre les risques d’une grève de la faim. «J’ai vu le film sur Outreau et c’est vrai que ça fait peur, répond Gabriel. Mais ceux qui me connaissent savent que j’irai au bout.»
(Source Le Figaro)